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Côte-d’Ivoire ~Après sa sortie de prison, Guikahué « purifié », révèle une « confidence » de Gbagbo

Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a été lavé et purifié de toutes les souillures de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, prison dans laquelle il incarcéré suite à son arrêt le 3 novembre dernier avec plusieurs cadres dudit parti présidé par Henri Konan Bédié. Après sa libération le 19 janvier 2021, ses parents et populations du village de Dikouéhipalégnoa, de la tribu Gbadjié et du canton Paccolo, ont décidé de lui exprimer leur solidarité à travers une cérémonie de purification, samedi 13 février, à la place du village de Dikouéhipalégnoa, son village natal. Aux parents paternels se sont ajoutés ses parents maternels du canton Zabia et de ses grands-parents maternels du canton Guébié.



Après une cérémonie avec les chefs traditionnels du canton Paccolo à sa résidence villageoise, Guikahué, purifié, s’est retrouvé avec les chefs coutumiers sur la place du village où les populations sorties massivement les attendaient pour le bouquet final.


Porte-parole du chef Wawa Isaac, chef de la tribu Gbadjié, le doyen Edgard Goulihi a situé le cadre de la cérémonie et remercié les uns et les autres pour leur attachement à la tradition de solidarité entre frères.


« Merci à vous qui êtes venus jusqu’à nous. Venus à nous pour venir réconforter notre frère qui vient de prison. Oui, il vient de prison. Chez, on dit qu’en principe, on n’en revient pas. Il en est ressorti », a dit Edgar Goulihi à l’endroit des populations.


Puis de s’adresser aux chefs coutumiers présents. « Chef de canton (Ndlr, Noël Gnagno), vous ne pouviez pas ne pas être présent. Connaissant votre sens élevé du devoir, de la solidarité et de l’humanisme. Merci d’être venu et avec vous des chefs de tribu et de village du canton Paccolo, ceux-là mêmes qui sont les dépositaires de nos us et coutumes. Merci à vous », a ajouté le porte-parole du chef Wawa Isaac de la tribu Gbadjié dont fait partie l’ex-prisonnier Maurice Kakou Guikahué.


Avant de s’adresser le ‘’fils’’ à l’honneur, il s’est réjoui de la solidarité de sa tribu et de son canton : « Frères et sœurs de la tribu (Ndlr, tribu Gbadjié) et du canton (Paccolo), votre présence est le signe de la solidarité envers un frère qui fut en difficulté. Merci à vous. »


Puis de dire à l’endroit de Guikahué : « Frère Kakou Guikahué Maurice. C’est avec de réelles émotions et soulagements que nous avons appris ta libération de la prison. Nous ne pouvions pas tous aller à Abidjan pour faire cette cérémonie. C’est pour cela que nous avons demandé qu’elle soit faite ici, dans la pure tradition Bhété. »


Il a aussi expliqué sommairement le sens de ce qui s’est passé à la résidence du député avant d’arriver sur la place publique. « Le geste de mettre un peu de salive d’un coq blanc sur le front est un symbole très fort en pays Bhété. Il te fait réconcilier avec tes ancêtres. Il rééquilibre ton esprit quelque peu perturbé et bousculé. C’est la raison pour laquelle, ce geste hautement fort ne se fait pas sur la place publique. Mais dans la quiétude du domicile familial et dans les premières heures de la matinée », a-t-il expliqué.


Il finira son propos par une précision. « Cette cérémonie n’a donc pas d’autres explications que celles de saluer un frère qui vient de prison. Frère Maurice, Ayoh, Ayoh Kééh (Ndlr, merci, merci beaucoup, compassion) », a conclu le doyen Edgar Goulihi.


Mais avant, plusieurs dons ont été faits en vivres (des béliers, des coqs, de la banane, de l’igname, du riz), en non-vivres (des pagnes KITA) et en espèces. Puis il s’en est suivi un bal populaire pour exprimer la joie de voir leur frère, fils, haut cadre recouvrer la liberté après près de 3 mois d’incarcération.

L’ex-prisonnier, le chef du secrétariat exécutif du PDCI-RDA, Maurice Kakou Guikahué, a eu droit à la parole pour s’adresser à ses parents.

« On dit souvent que les grandes douleurs sont muettes, mais les grandes émotions sont également muettes. Je n’ai pas de discours à faire. Tout simplement vous dire merci. Merci à tous les initiateurs de cette réception dans la pure tradition africaine. L’honneur va au chef du village, Gnahoua Alexandre qui a mobilisé tout le village, la tribu Gbadjié par le chef de tribu Wawa Isaac, ensemble qui ont décidé de poser ce geste. Merci également au canton qui a décidé de chapeauter cette organisation. Merci aussi à tous d’être venus exprimer cette solidarité qui caractérise le peuple Bhété », a-t-il affirmé d’emblée.


Il dira : « Par ce geste traditionnel, vous m’avez passé un message à deux sens. Que partout où tu vas, quel que soit ce qui va t’arriver, il faut te mettre dans la tête que nous sommes là, nous sommes avec toi. Le deuxième sens du message que je comprends dans votre geste, quand tout sera écroulé autour de moi, je saurai compter sur mes parents. »


Poursuivant son adresse, il est revenu sur ce qui s’est passé à son domicile familial tout en décrivant son comportement futur : « Je suis sorti de prison, vous m’avez béni, lavé ce matin. Donc je deviens désormais un autre homme, donc pardonnez-moi si je commence à regarder à gauche et à droit avant de parler. »


Il a expliqué comment les cadres se sont mobilisés à Abidjan pour me soutenir quand il était en prison. Il a donc demandé aux chefs du canton et de la tribu de remercier ces cadres pour leur solidarité.


Revenant sur l’emprisonnement qu’il a vécu, il dira que « mon incarcération était d’ordre politique. C’est pourquoi, on vous a empêchés de venir me voir. Mais soyez tranquilles, j’avais tous les échos de votre mobilisation. »

Lancé ainsi sur sa vie en prison, il fera quelques révélations sur sa relation avec Laurent Gbagbo, l’ex-président de la république acquitté par la Cour pénal internationale (CPI) résidant à Bruxelles (Belgique) avant son retour au pays.

« Ce que je peux vous dire, Laurent Gbagbo m’a envoyé une délégation en prison pour m’exprimer sa compassion, sa solidarité » a-t-il dit en guise de conclusion en promettant un grand déballage très bientôt. La fête s’est poursuivie jusqu’au petit matin avec des danses du terroir en sa résidence.

Le lendemain, c’est-à-dire dimanche 14 décembre, une messe d’action de grâce a été dite en sa résidence de Dikouéhipalégnoa pour la paix et la cohésion sociale en Côte d’Ivoire et ledit canton de Gagnoa.


Gilles Richard OMAEL, à Dikouéhipalégnoa (Gagno S/P)

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